| La traçabilité au programme des prochaines journées du CEFH sur la stérilisation |
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PARIS, 9 février (APM) - Les problèmes liés à la traçabilité, qui devient incontournable dans les établissements de santé, seront analysés lors des prochaines Journées nationales d'études sur la stérilisation organisées par le Centre d'études et de formation hospitalières (CEFH), du 12 au 13 avril à Tours.
Ce rendez-vous annuel de la communauté de la stérilisation, élément essentiel de la lutte contre les infections nosocomiales dans les établissements de santé, rassemble entre 1.800 et 2.000 professionnels, pharmaciens, directeurs, médecins, chirurgiens, hygiénistes, Ibodes, aides-soignants, ingénieurs et infirmières, pour réfléchir, échanger et trouver des solutions aux problèmes quotidiens du moment, en toute indépendance puisque les inscriptions relèvent de la formation continue, a rappelé Bernard Charles, président-fondateur du CEFH, lors d'une conférence de presse de présentation des 28èmes Journées, mercredi à Paris.
"Cette année, nous mettons en exergue les problèmes de traçabilité", a indiqué Bernard Certain (hôpital Cochin, Paris, AP-HP), président du comité scientifique des Journées.
"La traçabilité est devenue incontournable pour trois motifs: en premier lieu pour le patient, pour qu'il ait confiance dans l'institution hospitalière, d'autant plus que la loi sur le droit des malades de 2002 arrive à maturité", a-t-il expliqué.
"La traçabilité est aussi un devoir pour le soignant, pour gérer notre propre responsabilité; c'est un bon moyen de savoir qui a fait quoi dans la grande machine de l'hôpital car cela implique de tracer l'acte, l'instrument et le professionnel, par des codes barres ou autres", a poursuivi le pharmacien.
"Tous les services de stérilisation ne le font pas mais un nombre grandissant le font. Ce ne sont pas des données qui sont destinées à être rendues publiques mais en cas de besoin [en cas d'incident], on peut les obtenir", a-t-il commenté.
"Enfin, pour les produits, la traçabilité permet d'assurer que même un produit réutilisé a été bien traité. Or, alors que pendant des années, les produits jetables ont été promus, maintenant qu'on sait faire, qu'on trace et qu'on parle de développement durable, la tendance est plutôt à la réutilisation", a-t-il ajouté.
"Il y a un changement de mentalité" sur l'usage unique, a confirmé Bernard Charles.
Certes, tout le monde fait de la traçabilité, mais pas la traçabilité complète -produit, acte et opérateur.
"Ces deux à trois dernières années, un nombre grandissant d'établissements se sont investis dans ce domaine, notamment au CHU de Rouen, à l'HEGP avec le gravage individuel des instruments et au Centre d'accueil et de soins hospitaliers (Cash) de Nanterre au moyen de puces", a cité Bernard Certain.
Après une conférence introductive confiée à l'ex-ministre de la santé, devenu président de la Fédération hospitalière de France (FHF), Claude Evin, sur le thème "la traçabilité, démarche citoyenne: droits du patient, devoirs du soignant", certaines de ces expériences et d'autres seront détaillées pendant la première demi-journée, mercredi 12 avril, pour donner des solutions car cette traçabilité n'est pas simple à mettre en oeuvre (du fait de la taille des instruments, des traitements qu'ils subissent...).
Outre l'intérêt pour la sécurité, la traçabilité a aussi un avantage en termes de gestion du parc d'instruments, montrera une équipe parisienne. "Il est important de pouvoir faire valoir aux directeurs que la traçabilité, qui représente des investissements, est à la fois intéressante pour la sécurité, l'amélioration de la gestion et pour la transparence dans la structure", a expliqué Bernard Certain.
La table ronde qui suivra réunira des représentants des fédérations hospitalières et de cliniques, des industriels, d'ARH, de l'Afssaps et de la HAS pour discuter de la traçabilité: pourquoi, comment et jusqu'où. Les professionnels attendent notamment des nouvelles d'un décret d'application sur la traçabilité des dispositifs médicaux, qui devait paraître avant fin 2005.
D'après Bernard Charles, "il faudra automatiser la traçabilité" pour que ce soit gérable. Il reste aussi à définir une nomenclature (les noms diffèrent selon les établissements) pour tous les dispositifs médicaux dont "le budget va dépasser celui des médicaments avec la sortie de la réserve hospitalière".
L'ancien ministre fédéral de la santé d'Allemagne, Andrea Fischer, qui s'occupe beaucoup de dispositifs médicaux, participera à cette table ronde et donnera le jeudi 13 avril une conférence sur la stérilisation hospitalière en Allemagne.
UN PROGRAMME ASSEZ DIVERS CENTRE SUR LES PREOCCUPATIONS DU MOMENT
Comme chaque année, les Journées proposent une série d'ateliers, le mercredi après-midi sur les "sujets les plus chauds du quotidien", comme la formation du personnel, le traitement du matériel de dentisterie, les ultrasons en stérilisation (pour les objets creux), le conditionnement (qui monopolise 50% du temps de production en stérilisation), les rejets liquides, la standardisation européenne des textiles opératoires et les techniques de stérilisation à basse température (sur lesquelles les Français restent très réservés).
Sur la formation des personnels intervenant en stérilisation, le CEFH est porteur d'un projet. Contrairement à de nombreux pays européens, la France ne propose aucun cursus dans ce domaine.
Au cours des Journées, il sera également question de la stérilisation des instruments chirurgicaux (corrosion, bio-films, composition détaillée d'une boîte) et de la maîtrise de l'environnement de l'air en zone propre.
Le Pr Jacques Darbord (AGEPS, AP-HP) présentera au nom du groupe d'experts Gesdemat une évaluation des désinfectants pour l'inactivation du prion qui pourrait remettre en cause certaines orientations en vigueur ou du moins lancer le débat.
Le symposium satellite, créé en 2005, sera reconduit. Proposé à la veille des Journées, mardi 11 avril, il permet aux industriels de présenter un aspect de leur offre dans des conférences dont le contenu est contrôlé par les organisateurs.
Comme chaque année, le prix CEFH sur la stérilisation, l'hygiène hospitalière et la qualité des soins, en partenariat avec Anios, Getinge et Molnlycke Health Care, récompensera une équipe hospitalière dont les travaux font avancer le débat et qui peuvent essaimer. Il est doté de 3.000 euros par prix. La date limite de dépôt des dossiers est le 3 mars. En 2005, les travaux primés avaient porté sur la traçabilité. Ils seront présentés à Tours.
Deux prix poster, l'un en stérilisation, l'autre en hygiène, dotés de 2.000 euros chacun, distingueront les meilleures communications affichées parmi les 120 présentées.
Agence de Presse Médicale APM
Sylvie LAPOSTOLLE, journaliste