LA STERILISATION DES DISPOSITIFS MEDICAUX
  ENTRE DANS UNE PHASE PLUS QUALITATIVE

Agence de Presse Médicale APM
Sylvie LAPOSTOLLE, journaliste

PARIS, 28 janvier (APM) - La stérilisation des dispositifs médicaux dans les établissements de santé entre dans une phase plus qualitative, après plusieurs années consacrées à la mise en conformité des équipements, estiment les organisateurs des prochaines Journées du Centre d'études et de formation hospitalières (CEFH).

Les 26èmes Journées nationales d'études sur la stérilisation dans les établissements de soins qui réuniront les 28 et 29 avril prochains à Nantes pharmaciens, directeurs, médecins, chirurgiens, hygiénistes, IBODE, aides-soignants, ingénieurs et infirmières chercheront à donner des clefs pour aborder une nouvelle phase, alors que le plan Hôpital 2007 apporte des financements importants pour les équipements.

"Après cinq années d'efforts pour mettre en conformité les équipements de stérilisation, maintenant que le parc a évolué, nous entrons dans une démarche plus qualitative" où l'on va chercher à optimiser cette activité, a expliqué Bernard Charles, président-fondateur du CEFH, mercredi lors d'une conférence de presse organisée au siège parisien de l'association de formation pour présenter le programme de la manifestation d'avril.

"Les intéressés se demandent comment, à partir de l'équipement disponible, améliorer le fonctionnement de la stérilisation, comment mieux coopérer entre structures hospitalières, comment accentuer la prise en compte de la formation initiale et continue pour que chacun s'implique", a-t-il indiqué.

La démarche choisie repose sur l'assurance qualité. "Il faut des procédures, des protocoles", a-t-il souligné.

"La stérilisation a bénéficié d'un effort considérable qui a mobilisé tout le monde depuis cinq ans, parfois à coup de circulaires, de décrets ou d'inspections plus ou moins bien vécus. La situation est totalement différente par rapport à 1998 : on a fermé ce qui devait être fermé et on a remis à niveau ce qui pouvait l'être", a ajouté Bernard Certain, pharmacien à l'hôpital Cochin (Paris, Vème) coordonnateur scientifique des journées nantaises.

"Même s'il existe encore quelques insuffisances, nous entrons dans la phase de très grands projets: de nouvelles stérilisations vont se bâtir après avoir conforté ce qui existait et il est très intéressant de pouvoir donner des pistes pour réaliser des plateaux techniques dignes de ce nom et de l'espoir à ceux qui pédalent encore avec des installations anciennes", a-t-il estimé.

L'APPEL D'OFFRES SUR PERFORMANCE

La première matinée des Journées présentera un exemple de restructuration et abordera le thème de l'appel d'offres sur performance, un outil encore peu utilisé par les hôpitaux et qui permet de confier à un seul interlocuteur la gestion globale d'un projet jusqu'à la réception. L'opérateur coordonne tout et s'engage sur une performance.

Deux exemples d'établissements qui ont choisi ce principe seront exposés, l'hôpital de Chartres et le CHU de Grenoble. Cette solution apporte un important soutien logistique et permet un gain de temps important, ce qui réduit fortement les pesanteurs des grandes réalisations, à condition d'avoir fourni un très bon cahier des charges, a précisé le pharmacien.

En ouverture des Journées, à l'heure où se profile la tarification à l'activité (T2A), le directeur de l'Agence nationale d'accréditation et d'évaluation en santé (ANAES), Alain Coulomb, répondra à une question un brin provocateur : la nouvelle stratégie de financement des hôpitaux, la T2A, sera-t-elle une aide ou un éventuel obstacle pour une stérilisation répondant à une politique de qualité?
Il s'agit de savoir comment cette nouvelle logique qui repose sur les recettes, s'adaptera à une activité aussi transversale que la stérilisation, sans affecter la qualité.

Par ailleurs, une table-ronde présidée par le directeur de l'hospitalisation et de l'organisation des soins (DHOS), Edouard Couty, permettra de débattre des moyens d'accompagnement avec notamment le plan hôpital 2007 et les groupements de coopération sanitaire, la stérilisation étant au coeur de ces coopérations.

LE COUT DE LA STERILISATION

L'après-midi, des ateliers traiteront de sujets "plus terre à terre, mais sur lesquels nous butons" comme "la stérilisation, combien ça coûte", a poursuivi Bernard Certain.

Les hôpitaux publics sont de plus en plus sollicités par des cliniques pour prendre en charge une partie des dispositifs médicaux à stériliser et une grille de prix devient nécessaire, a-t-il témoigné.

De même, pour faire des choix sur l'usage unique, des coopérations, des liens public/privé, une éventuelle sous-traitance, il est important d'avoir des notions économiques. "La comptabilité analytique hospitalière est mal adaptée pour faire ça". Pour répondre à cette question, des outils seront proposés lors de l'atelier.

Un deuxième atelier traitera de l'importance stratégique des flux et de la logistique en stérilisation. "Dès qu'on centralise, il faut savoir gérer les flux et il y a des écarts entre le diagramme établi et le quotidien ou selon que l'hôpital est pavillonnaire ou monobloc, qu'il assure une permanence 24h sur 24", a expliqué Bernard Certain.

D'autres ateliers porteront sur des choix stratégiques à faire dans des domaines où la réponse n'est pas binaire : "le linge et le drapage au bloc : tout doit-il être stérile", "la prise en charge des dispositifs médicaux difficiles à nettoyer" comme les endoscopes ou encore la "gestion de l'instrumentation en prêt" qui pose des problèmes de traçabilité.

Le dernier atelier cherchera à savoir si les formations proposées, notamment par le CEFH, répondent bien aux besoins. Certains domaines comme la maintenance ne semblent pas être parfaitement appréhendés.

Enfin, la seconde journée sera consacrée à la stérilisation au quotidien avec la question de la stérilisation au service de chirurgie "où un gros effort de sensibilisation" est nécessaire et le sujet de la maintenance des équipements. "Une fois l'équipement acheté, c'est la qualité de la maintenance qui fait l'efficacité de la stérilisation", a estimé Bernard Certain.

Un éclairage étranger viendra de la Belgique qui a fait un travail global sur la stérilisation, avec en particulier des critères de qualité intéressants pour le suivi qualitatif, a ajouté Bernard Charles.

Le groupe de travail du CEFH sur l'étude des nouveaux dispositifs de stérilisation, le Gedesmat, fera un bilan de ses travaux.

Comme chaque année, les prix CEFH -stérilisation, hygiène hospitalière, qualité des soins- d'un montant de 3.000 euros chacun, en partenariat avec les sociétés Anios, Getinge France et Molnlycke Health Care, seront remis à des équipes qui ont mené un travail innovant et reproductible dans d'autres structures hospitalières. Un prix poster doté d'un voyage + hébergement pour une personne au Congrès Européen de Stérilisation en Turquie distinguera aussi la meilleure présentation affichée lors des Journées.