La célèbre pâte à tartiner aux noisettes s’offre une nouvelle déclinaison : Nutella Plant-Based, une version végétale pensée pour séduire les consommateurs soucieux de leur alimentation. Ce lancement, fruit de six décennies d’expérience autour de la recette originale, soulève pourtant des questions importantes, notamment pour les personnes souffrant d’allergies aux protéines de lait.
Le récap
- Ferrero lance le Nutella Plant-Based, une version végétale remplaçant le lait par un mélange de pois chiches et de sirop de riz.
- La recette contient environ 10 g de sucre en moins pour 100 g par rapport à la version classique, tout en conservant l’huile de palme certifiée RSPO.
- Bien que certifié vegan par la Vegetarian Society, le produit présente un risque de contamination croisée avec des protéines de lait dû au partage des lignes de production.
- Le fabricant avertit explicitement que cette nouvelle version est inadaptée aux personnes souffrant d’allergies aux protéines de lait, malgré l’absence de lait dans la liste des ingrédients.
- Le produit est progressivement déployé en Europe au prix de 4,09 euros pour 350 g, soit un tarif supérieur à la version traditionnelle.
- Le lancement suscite des débats sur les réseaux sociaux, notamment concernant la persistance de l’huile de palme et ses implications environnementales.
Une recette sans produits d’origine animale à base de sirop de riz et pois
Les ingrédients de la nouvelle version plant-based de la pâte à tartiner
Pour concevoir cette alternative vegan, Ferrero a revu en profondeur la composition de sa pâte à tartiner emblématique. La liste des ingrédients de Nutella Plant-Based comprend du sucre, de l’huile de palme, des noisettes à hauteur de 13 %, des pois chiches, du cacao maigre en poudre représentant 7,4 % de la recette, du sirop de riz en poudre, un émulsifiant à base de lécithines de soja, du sel et des arômes. C’est donc un ensemble d’ingrédients végétaux qui remplace la composante animale de la recette classique, tout en cherchant à maintenir la texture onctueuse si caractéristique du produit original.
Sur le plan nutritionnel, pour 100 g de produit, on retrouve 534 kcal, 31,8 g de matières grasses dont 11,0 g d’acides gras saturés, 53,4 g de glucides dont 45,4 g de sucres, 6,8 g de protéines et 0,071 g de sel. La recette affiche ainsi environ 10 g de sucre en moins pour 100 g par rapport à la version traditionnelle, un ajustement notable dans la composition globale du produit. L’huile de palme, quant à elle, est certifiée RSPO ségrégée et reste présente pour garantir l’onctuosité unique attendue par les amateurs de la marque. La certification vegan, délivrée par la Vegetarian Society, atteste que la recette répond aux exigences de l’alimentation végétale.

L’absence de lait écrémé en poudre face à la recette classique
Dans la recette classique, le lait écrémé en poudre joue un rôle fondamental dans la texture et le goût de la pâte. La version plant-based s’en affranchit entièrement en lui substituant le duo pois chiches et sirop de riz en poudre. Ce choix permet d’obtenir un produit consommable par les végétaliens et les végétariens, tout en préservant un profil organoleptique proche de l’original. Le couvercle du pot, fabriqué à partir de plastique recyclé vérifié par certification ISCC, s’inscrit également dans une démarche de responsabilité environnementale. Le produit est vendu en pot de 350 g, format identique à celui de la version classique que l’on trouve habituellement en rayon.
Allergies et risques de contamination croisée dans les usines
Des traces de protéines de lait possibles en établissement de fabrication
Malgré l’absence de lait dans la liste des ingrédients, un point de vigilance majeur s’impose. Le produit est fabriqué dans des établissements manipulant du lait, ce qui crée un risque réel de contamination croisée. Les lignes de production partagées entre la version végétale et la recette classique ne peuvent pas garantir une séparation totale des matières premières. Des traces de protéines de lait peuvent ainsi se retrouver dans le produit final, sans que cela constitue un ajout délibéré à la recette.
Ce phénomène est inhérent aux contraintes industrielles de tout grand groupe agroalimentaire : les équipements communs, même rigoureusement nettoyés, peuvent laisser des résidus allergènes. Pour les consommateurs souhaitant adopter une alimentation végétale par conviction, ce risque reste négligeable. En revanche, pour ceux qui doivent éviter les produits laitiers pour des raisons médicales, la question est d’une toute autre nature.

Les avertissements destinés aux personnes allergiques aux produits laitiers
Nutella Plant-Based est clairement présenté comme inadapté aux personnes allergiques aux protéines de lait. Cet avertissement, inscrit sur l’emballage, distingue deux catégories de consommateurs souvent confondues : les personnes allergiques aux protéines de lait, pour qui le produit représente un risque, et les personnes intolérantes au lactose, pour qui la recette végétale peut convenir. Cette nuance est fondamentale, car une allergie aux protéines de lait implique une réaction immunitaire potentiellement grave, tandis que l’intolérance au lactose relève davantage d’une difficulté digestive.
Il convient donc de lire attentivement les mentions présentes sur le packaging avant toute consommation. Les personnes allergiques aux produits laitiers ne doivent pas se fier uniquement à l’étiquette « vegan » ou « plant-based » pour conclure qu’un produit est sans danger pour elles. La certification végétale atteste de l’absence d’ingrédients d’origine animale dans la recette, mais ne garantit en aucun cas l’absence de traces allergènes liées aux conditions de fabrication dans l’établissement.
Stratégie marketing et déploiement de la version végétale en Europe
La présence du produit en France et dans les autres pays européens
Le lancement de Nutella Plant-Based s’inscrit dans une stratégie d’élargissement de gamme menée par Ferrero à l’échelle européenne. Le produit a été introduit en France, en Belgique et en Italie à partir du 4 septembre, avant d’être étendu à d’autres marchés. La Suisse, par exemple, devrait voir le produit disponible à partir de septembre 2025. Cette diffusion progressive dans les pays européens témoigne d’une approche prudente, consistant à tester la réception du produit sur des marchés pilotes avant de généraliser le déploiement.
En rayon, la version végétale est positionnée aux côtés de Nutella Classic, ce qui facilite la comparaison directe pour le consommateur et renforce la cohérence de la gamme. Le prix, légèrement supérieur à celui de la version originale, s’établit à 4,09 euros pour le pot de 350 g, soit environ 0,70 euro de plus. Cet écart de prix reflète le coût des ingrédients végétaux de substitution et peut constituer un frein pour certains acheteurs, même si la demande pour les produits végétaux reste soutenue en Europe.

La campagne sur les réseaux sociaux et les réactions des consommateurs
Sur les réseaux sociaux, le lancement a suscité des réactions contrastées. Si une partie des internautes salue l’initiative de Ferrero et l’arrivée d’une alternative végétale à la pâte à tartiner la plus célèbre du monde, d’autres se montrent plus critiques. Certains commentaires pointent la présence maintenue de l’huile de palme dans la recette, un ingrédient régulièrement mis en cause en raison de son impact environnemental, notamment la déforestation qu’entraîne la production de palmiers à huile dans certaines régions du monde.
Des voix s’élèvent également pour questionner la cohérence d’un produit se revendiquant végétal tout en conservant un ingrédient controversé sur le plan écologique. Ferrero met en avant l’utilisation d’une huile de palme certifiée RSPO ségrégée, une démarche qui vise à encadrer les pratiques de production, mais qui ne fait pas consensus auprès de tous les consommateurs engagés dans une consommation responsable. Ces débats illustrent la complexité des attentes du public face aux produits plant-based, qui doivent répondre à la fois à des critères nutritionnels, éthiques et environnementaux pour convaincre pleinement.